17/2/2026
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Un médecin fait une échographie clinique à sa patiente
Echographie clinique

5 usages clés de l’échographie clinique en médecine interne

L’échographie clinique – ou POCUS (Point-of-Care Ultrasound) – s’impose aujourd’hui comme un outil incontournable en médecine interne. Accessible, rapide, non invasive, elle permet d’affiner le raisonnement clinique au lit du patient et d’améliorer la prise de décision dans des contextes souvent complexes.

Dans un service où les tableaux sont polymorphes et les diagnostics parfois piégeux, l’échographie devient un véritable prolongement de l’examen clinique.

Voici 5 usages clés qui transforment la pratique quotidienne des internistes.

1. Explorer une dyspnée ou une désaturation en quelques secondes

La dyspnée est l’un des motifs les plus fréquents en médecine interne. L’échographie pulmonaire permet d’orienter rapidement entre plusieurs diagnostics :

  • Surcharge hydrique (lignes B diffuses)
  • Pneumopathie infectieuse (consolidations, lignes B focales)
  • Épanchement pleural
  • Pneumothorax (abolition du glissement pleural)

En quelques balayages, l’interniste obtient des informations déterminantes pour adapter l’oxygénothérapie, ajuster les diurétiques ou déclencher une imagerie complémentaire.

2. Évaluer l’état hémodynamique et la volémie

La gestion de la volémie est un défi quotidien : patients âgés, insuffisants cardiaques, dénutris, sous diurétiques ou en sepsis.

Le POCUS permet une évaluation dynamique grâce à :

  • l’analyse de la veine cave inférieure,
  • l’étude du remplissage ventriculaire,
  • la recherche de signes de congestion (pulmonaire, hépatique, rénale).

Cette approche limite les erreurs de remplissage, optimise les traitements et réduit les risques iatrogènes.

3. Rechercher un épanchement (pleural, péricardique, abdominal)

Les épanchements sont fréquents en médecine interne, qu’ils soient liés à une insuffisance cardiaque, une cirrhose, une néoplasie ou une infection.

L’échographie permet :

  • de confirmer rapidement leur présence,
  • d’en évaluer la quantité,
  • de guider un geste (ponction pleurale, paracentèse) en toute sécurité.

Elle évite des examens plus lourds et accélère la prise en charge.

4. Aider au diagnostic des douleurs abdominales complexes

L’abdomen aigu n’est pas toujours spectaculaire en médecine interne. L’échographie clinique apporte un éclairage précieux pour :

  • détecter une cholécystite,
  • visualiser une dilatation des voies urinaires,
  • identifier une ascite,
  • repérer une masse ou un abcès.

Elle permet de hiérarchiser les urgences, d’éviter des retards diagnostiques et de mieux orienter vers l’imagerie spécialisée.

5. Guider les gestes au lit du patient

La médecine interne réalise de nombreux gestes techniques :

  • ponctions pleurales,
  • paracentèses,
  • ponctions articulaires,
  • pose de voies veineuses difficiles.

L’échographie améliore la sécurité, réduit les complications et augmente le taux de réussite, notamment chez les patients fragiles ou polymédiqués.

Un outil qui renforce le raisonnement clinique

Loin de remplacer l’examen clinique, l’échographie le prolonge et le renforce. Elle permet à l’interniste :

  • d’obtenir des réponses immédiates,
  • de confirmer ou d’infirmer une hypothèse,
  • de suivre l’évolution d’un patient au fil des jours,
  • de gagner en autonomie dans des situations complexes.

Avec l’arrivée d’échographes portables toujours plus accessibles, comme ceux développés par echOpen, cette compétence devient progressivement un standard de la pratique moderne.