Dr Christophe Batard, pédiatre à Vincennes, avec la sonde échographe ultra-portable echOpen

Dr Christophe Batard

En pédiatrie ambulatoire, l’échographie clinique comme outil d’orientation respiratoire

Pour le Dr Christophe Batard, pédiatre à Vincennes et membre de l’Association française de pédiatrie ambulatoire, l’échographie clinique n’a pas vocation à transformer un pédiatre de ville en échographiste. Son intérêt est ailleurs : apporter une information complémentaire, rapidement accessible, dans certaines situations du quotidien.

Dans son cabinet, il s’intéresse particulièrement à l’échographie pulmonaire, en complément de l’examen clinique et d’autres outils déjà intégrés à sa pratique, comme les marqueurs biologiques réalisés en microméthode. L’objectif est concret : mieux orienter certains enfants qui toussent, notamment lorsqu’il faut distinguer une situation banale d’un tableau pouvant évoquer une pneumopathie ou un épanchement.

« J’ai besoin d’avoir un outil pour m’aider à m’aiguiller. »

Un outil pensé comme un complément de l’examen clinique

Le Dr Batard insiste sur un point central : l’échographie clinique doit rester un outil d’aide à l’orientation. Elle ne remplace ni l’expertise spécialisée, ni l’imagerie de référence lorsqu’elle est nécessaire.

Il compare son usage à d’autres outils de dépistage déjà présents dans les cabinets pédiatriques. Avec un photoscreener, par exemple, le pédiatre peut repérer un trouble visuel et orienter l’enfant vers un ophtalmologue, sans prescrire lui-même les lunettes. L’échographie pulmonaire s’inscrit, selon lui, dans la même logique.

« Nous ne sommes pas de formation échographiste. C’est pour nous un outil en plus. »

Dans son usage, l’enjeu n’est donc pas de rechercher des signes complexes, mais d’apprendre à reconnaître des situations simples et utiles en pratique : une image évocatrice d’infection, un épanchement pleural, de l’air ou de l’eau dans la plèvre, une pneumopathie, une masse ou un abcès, lorsque ces éléments peuvent orienter la conduite à tenir.

Pourquoi echOpen peut trouver sa place dans un cabinet pédiatrique

Le choix d’echOpen répond à des contraintes très concrètes : la maniabilité, l’encombrement et le besoin de continuer à progresser sur l’échographie pulmonaire. En cabinet de ville, chaque mètre carré compte. Le Dr Batard explique ne pas disposer de l’espace nécessaire pour installer un échographe sur chariot.

L’intérêt d’un échographe portable tient donc à son encombrement réduit et à sa disponibilité immédiate.

« Ma sonde est dans mon tiroir. Je la prends et l’utilise directement. »

Cette portabilité correspond à sa vision du cabinet du futur : un cabinet équipé d’outils simples, utiles, capables d’enrichir l’examen sans alourdir l’organisation. Dans cette logique, echOpen n’est pas présenté comme un appareil supplémentaire à installer, mais comme un outil que l’on peut saisir au moment où une question clinique se pose.

Progresser par la pratique et la formation

Le retour du Dr Batard est volontairement nuancé. Il voit un intérêt réel pour l’échographie pulmonaire en pédiatrie ambulatoire, mais rappelle que la confiance vient avec la pratique.

« On fait bien, ce que l’on fait souvent. »

Il estime utiliser encore trop peu la sonde pour se sentir pleinement à l’aise, avec environ deux ou trois échographies pulmonaires par mois selon son témoignage. Ce n’est pas un frein technique majeur, mais plutôt un enjeu de progression : plus l’outil est utilisé, plus il devient naturel de le prendre en consultation.

Pour lui, la formation est donc déterminante. Les webinaires généralistes peuvent être utiles, mais il exprime un besoin plus ciblé : des contenus adaptés aux pédiatres, centrés sur les situations simples, les images typiques, le positionnement de la sonde et les cas pédiatriques concrets.

« Ça passe forcément par la formation. »

Il suggère notamment des vidéos courtes, accessibles, avec des exemples enregistrés et des cas cliniques. Selon lui, ce type de contenu pourrait aider les médecins à franchir le cap entre l’achat de la sonde et son usage régulier.

Adapter l’examen aux spécificités de l’enfant

Le Dr Batard mentionne aussi les difficultés propres à l’examen de l’enfant. Chez les tout-petits, l’ergonomie peut être plus complexe : l’enfant bouge, pleure, se débat parfois, et la taille de la sonde peut être moins adaptée aux très petits gabarits.

Il partage cependant des solutions issues de la pratique pédiatrique : installer l’enfant dans les bras des parents, créer un environnement rassurant, utiliser la diversion, capter l’attention avec des lumières ou des objets, comme lors d’un vaccin ou d’un examen clinique difficile.

Ces éléments rappellent que l’échographie clinique en pédiatrie nécessite une approche spécifique, différente de celle de l’adulte, et qu’elle gagne à être accompagnée par des contenus de formation adaptés.

Ce que ce retour d’expérience montre

Au-delà de son usage personnel, le Dr Batard voit un intérêt collectif. Il évoque l’Association française de pédiatrie ambulatoire, qui rassemble selon lui environ 1 200 à 1 300 pédiatres, et souligne que cette communauté est attentive aux outils utiles en cabinet.

Son cabinet accueille aussi plusieurs internes et deux médecins remplaçants. Il mentionne également la présence régulière de pneumopédiatres en formation, intéressés par ce type d’outil. Pour echOpen, cela ouvre une piste importante : accompagner les praticiens installés, mais aussi les médecins en formation, dans une pratique raisonnée de l’échographie clinique.

Ce retour d’expérience montre ainsi une attente claire : des outils simples, mobiles, adaptés au terrain, mais surtout accompagnés par une formation pragmatique. En pédiatrie ambulatoire, l’enjeu n’est pas de complexifier la consultation, mais de donner au clinicien un appui supplémentaire au bon moment.

Ce que disent les médecins